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UFC Sacramento : Rodrigues a stoppé 25 amenées au sol et démonté la jambe de Hernandez

Anthony Hernandez tenait la tête d’affiche de l’UFC Sacramento chez lui, le samedi 22 août, avec tout pour lui : le classement, les faveurs des pronostics et son public. Il a quitté le Golden 1 Center en béquilles, battu sur les trois feuilles de juges par Gregory Rodrigues. Le Brésilien a repoussé 25 des 28 tentatives d’amenée au sol, haché la jambe avant jusqu’à ce qu’elle ne porte plus, puis a eu besoin d’un fauteuil roulant pour finir la soirée. Voici comment la surprise s’est construite.

Ce qu'il faut retenir

Vingt-huit tentatives d'amenée au sol, trois réussies

Le plan n’a jamais été un secret

Anthony Hernandez n’est pas venu déguisé. C’est un lutteur qui noie ses adversaires, il s’était bâti une série de huit victoires sur exactement ça, et toute la salle savait que le combat se jouerait sur une seule question : allait-il réussir à mettre Gregory Rodrigues sur le dos ? Il a essayé vingt-huit fois. Il y est arrivé trois fois.

Ce chiffre résume tout. Vingt-cinq amenées au sol repoussées en vingt-cinq minutes, ce n’est ni de la chance ni un bon sprawl isolé : c’est un homme qui a passé sa préparation à travailler la seule chose que son adversaire allait tenter. Rodrigues a accueilli les entrées avec les hanches, puni les sorties, et fait payer un péage à Hernandez à chaque fois qu’il a tendu les bras.

Puis il s’est occupé de la jambe

Arrêter un lutteur, c’est de la défense. Rodrigues voulait davantage. Dès le deuxième round, il a commencé à marteler le mollet, et l’effet a été immédiat : un low kick a fait tomber Hernandez, un autre a recommencé. Rodrigues a enchaîné en montant complète après la seconde chute et a lâché ses coups avant que Hernandez ne récupère la position.

À l’entrée des rounds de championnat, la jambe avant ne répondait plus. Rodrigues y est revenu sans arrêt, a placé une grosse droite et une longue combinaison dans le quatrième, puis a de nouveau fait tomber Hernandez d’un low kick dans le cinquième. Sur l’ensemble du combat, les coups de pied seuls ont mis le local au sol quatre fois.

Hernandez n’a pas disparu pour autant

Si deux juges ont rendu 48-47, ce n’est pas un hasard. Hernandez a amené Rodrigues au sol dix secondes après le début du troisième round, a pris son dos et l’a travaillé là pendant l’essentiel de la reprise. Il a aussi terminé le deuxième et le quatrième round par des projections. Son coin lui a dit qu’il lui fallait une finition dans le cinquième, et c’est la lecture la plus honnête que quiconque ait proposée ce soir-là.

Le problème, c’est qu’il n’a jamais réussi à garder ce qu’il prenait. Rodrigues s’est relevé à chaque fois, et se relever suffisait, puisque c’est debout que vivaient les low kicks.

Ils ont pris le bonus et perdu la soirée

Un fauteuil roulant pour le vainqueur

L’image d’après-combat en dit plus que les feuilles de juges. Gregory Rodrigues est apparu en fauteuil roulant sur le plateau d’après-gala, le pied droit dans une botte de marche, et il a dû s’arracher pour monter les trois marches menant au micro de la conférence de presse. Anthony Hernandez, lui, était en béquilles. Vingt-cinq minutes passées à frapper la jambe d’un homme, ça coûte visiblement quelque chose aussi à celui qui frappe.

Dana White a donné le bonus du combat de la soirée au main event, ce qui était la seule décision possible. Les bonus de la performance de la soirée sont allés à MarQuel Mederos, qui a stoppé Mason Jones au deuxième round, et à Carli Judice, qui a fini Jeisla Chaves d’un coup de pied au corps en quatre-vingt-dix-neuf secondes.

Hernandez dénonce des saisies de gants

Hernandez n’a pas encaissé la défaite en silence. Il a accusé Rodrigues de tricher, précisément d’avoir attrapé l’intérieur de ses gants, et affirme l’avoir signalé à l’arbitre Herb Dean à environ quatre reprises pendant le combat sans que rien ne soit fait.

Disons clairement ce que ça vaut. C’est une accusation portée par l’homme qui vient de perdre une décision en cinq rounds, dans les minutes qui suivent le combat. À l’heure où nous écrivons, aucune décision de commission, aucun résultat annulé, aucun réexamen public n’a suivi. La saisie de gants est un vrai problème du sport, chroniquement mal sanctionné, et c’est aussi le souvenir le plus commode du monde après vingt-cinq minutes difficiles. Les deux peuvent être vrais en même temps.

Le reste de la carte n’est pas allé au bout

Sous le main event, la soirée a été particulièrement expéditive. Reinier de Ridder a stoppé Roman Dolidze aux coups à 4:01 du premier round. Anthony Wint a soumis Terrance Chatman par étranglement en triangle de bras à 4:29 du premier. Vitor Petrino a fait exception en co-main event, en écrasant Serghei Spivac 30-27 sur les trois cartons.

Dricus Du Plessis, où es-tu ? Je te veux. On y va. Prétendant numéro un pour le titre.

Ce que l'UFC Sacramento change chez les poids moyens

Rodrigues a demandé l’ancien champion

Micro en main, Rodrigues n’a pas réclamé un combat de titre. Il a réclamé un nom. Il veut Dricus Du Plessis, et il a présenté ce combat comme celui qui désignerait le prochain prétendant, pas comme une demande de ceinture immédiate.

C’est plus malin qu’il n’y paraît. Sean Strickland détient le titre des moyens et Khamzat Chimaev est le suivant évident sur la liste : la file d’attente devant Rodrigues est donc déjà occupée par deux hommes qui ont un passif commun. Battre un ancien champion reste le chemin le plus court pour passer devant, et Rodrigues affiche aujourd’hui quatre victoires de suite pour un bilan de 21-6, invaincu depuis que Jared Cannonier l’a arrêté en février 2025.

Hernandez paie une deuxième défaite d’affilée

Pour Anthony Hernandez, l’arithmétique est plus dure. Il est à 15-4, et la série de huit victoires qui avait fait de lui un prétendant est désormais suivie de deux revers : l’arrêt subi face à Sean Strickland en février, et celui-ci. Il a 32 ans et une catégorie devant lui ; il quitte Sacramento avec une jambe abîmée et beaucoup moins de marge.

La lecture indulgente, c’est qu’il a perdu contre un mauvais style, un soir où sa seule arme a été neutralisée vingt-cinq fois sur vingt-huit, devant son propre public, et qu’il a quand même emmené deux juges jusqu’au dernier round. Ce n’est pas le profil d’un homme fini. C’est celui d’un homme qui a besoin d’un autre type d’adversaire.

Va vérifier les chiffres toi-même

Réussite et défense aux amenées au sol, nombre de knockdowns et palmarès complets de Gregory Rodrigues, d’Anthony Hernandez et de toute la carte de l’UFC Sacramento sont dans l’application FightHub, mise à jour après chaque gala. Ouvre les deux profils côte à côte : le main event tient déjà dans les statistiques de lutte avant même d’en avoir lu une ligne.

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